jeudi 3 avril 2025

Les Mariages d'autrefois en Lorraine

La séance de ce 3 mars 2025 réunissait 7 participant•e•s dont deux dames. Une fois de plus, Daniel nous a révélé tout son savoir à propos des péripéties, des croyances et des superstitions que nos ancêtres vivaient à l’occasion du mariage, cet événement quasi obligatoire de leur existence. 

En effet, au XVIIIème siècle, le mariage est la norme et les célibataires ne représentent que 3 ou 4 % de la population. Ce pourcentage, bien qu’en hausse, restera peu élevé au XIXème. Le mariage est avant tout religieux mais consiste en une union économique qui permet de perpétuer la lignée tout en préservant les biens familiaux. Les décès de femmes en couches sont nombreux. Les veufs sont amenés à se remarier pour le bien de la maisonnée. Ces remariages sont l’occasion de charivaris sous les fenêtres du veuf.Charivaris

À ces époques, on se marie dans son milieu social. Sauf cas exceptionnels, pas de mésalliance chez les riches ; chez les moins fortunés, pas de calcul financier et il semble que l'amour puisse avoir plus de place dans les choix des conjoints. Mais souvent, pour nos ancêtres, l'amour venait sur l'oreiller. 

DemandeTout commence probablement par des regards discrets, puis plus ou moins appuyés mais sans ostentation. On se causera, deci delà, au marché, à la fête du village, à la foire du canton. Viendra le temps de la demande en mariage, suivi des accordailles qui règlent les questions pratiques afin que chaque partie assure le bien-être et le futur bonheur commun. Il faudra choisir les vêtements pour la circonstance, le lieu de l’événement, la liste des invités ... On décidera des épousailles et monsieur le curé publiera les bans, règle incontournable sous l’ancien régime. Au XVIIIe siècle, on choisit plutôt le mardi. Le vendredi est évité. Quant au samedi, il prend de l'importance vers la fin du XIXe siècle, surtout en milieu industriel. En 1792, la République leur imposera le mariage civil avant de pouvoir s’unir religieusement. Les familles et les amis formeront un cortège pour rejoindre la mairie où seront prononcés les traditionnels oui avant d’assister à la bénédiction nuptiale à l’église. À la sortie de l’église, le couple de mariés reçoit des volées de grains de blé ou de riz, selon l’époque, et distribue aux enfants présents des piécettes ou des dragées.Cortege

PhotographeLe souvenir de la noce sera préservé par la photographie qui se développe dans la deuxième moitié du XIXème. Les invités offriront leurs cadeaux. Les convives se retrouveront autour de la table pour un imposant repas dont la carte du menu comporte moult mets. La fin du repas est l’instant propice à la vente aux enchères de la jarretière de la mariée qu’un hardi jeune homme, passant sous la table, lui aura dérobée. Les musiciens engageront les invité•e•s à danser toute la soirée et une partie avancée de la nuit. Plus tard, les jeunes gens de la noce partiront à la recherche des mariés qui se sont discrètement éclipsés pour leur première nuit de couple. Ils seront réveillés par la joyeuse troupe qui les félicitera et les invitera à boire une boisson relevée, réconfortante ou excitante, et plus récemment une étrange mixture composée de vin et de chocolat, le tout dans un pot de chambre décoré de papier toilette.
Les coutumes et les symboles liés à cet événement sont tous peu ou prou destinées à encourager le jeune couple à vivre son union dans le bonheur, à avoir des enfants et les élever dans les traditions familiales.Repas

Cette causerie était particulièrement intéressante et fondée sur de nombreux exemples lorrains, même si les exemples peuvent être étendus à d’autres régions, ne serait-ce que par les interventions des auditeur•ice•s qui ont pu apporter leurs différents témoignages. 

La prochaine causerie aura lieu de lundi 7 avril 2025 à 9h30. 

Daniel nous parlera d’un métier disparu : le charron.