Parti du Luxembourg par un temps assez frais, notre groupe composé de 43 personnes (dont deux actifs !) apprécie la douceur de la température à son arrivée à Lisbonne.

00003 LisbonneNous faisons connaissance de notre guide Sylvia en milieu d’après-midi (les valises se sont beaucoup fait attendre !!!). 

Une ville qui se modernise…

A la sortie de l’aéroport Humberto Delgado, ô surprise ! nous découvrons que son accès est complètement embouteillé par les taxis en grève qui protestent contre Uber…il n’y a plus de frontières, même dans les mouvements sociaux ! le dépaysement n’est plus de mise !

00007 LisbonneLe chauffeur du car parvient à se faufiler dans les encombrements pour nous amener déjeuner dans un restaurant près du Tage : un repas pantagruélique de morue nous y attend. Nous nous régalons de ce poisson différemment cuisiné, accompagné d’un vin blanc généreusement servi… Et nous apprenons que la morue que nous mangeons vient de Norvège (!)…après être venue pendant longtemps de la Terra Nova…

00018 LisbonneEn guise de digestif, Sylvia nous emmène découvrir à pied le quartier futuriste de Lisbonne, el parque das Naçoës, en cours de réhabilitation et qui a accueilli l’exposition universelle en 1998. La Tour Vasco de Gama (transformée récemment en hôtel de luxe) le délimite au nord. Ce quartier offre aux visiteurs que nous sommes, un large espace, aéré, qui longe l’estuaire du Tage, jusqu’à l’Océanarium plus au sud. Bordé par de nombreux édifices modernes, le Tage est un fleuve majestueux, enjambé par deux très beaux ponts : le Vasco de Gama (17 km de long, construction magnifique, haubannée près des rives) au nord et celui du 25 avril au sud. 

Le deuxième jour, après une nuit réparatrice à l’hôtel 3K Europa, le départ est fixé à 9 heures. Mais la circulation routière dans Lisbonne, réputée déjà difficile, se complique par les nombreux travaux entrepris pour la moderniser, un comble ! Notre car n’arrive à l’hôtel que vers 10 heures. Cela n’empêche pas d’apprécier les quartiers que nous traversons, le parc Monsato, l’aqueduc romain long de 37 km, la vallée d’Alcantara (quartier de pêcheurs disparu) pour atteindre le pont du 25 avril (le 25 avril est un jour férié depuis 1974, au cours duquel une fleuriste de la ville a offert des oeillets rouges aux soldats de Salazar et qui a signifié la fin du régime militaire dudit général !). 

Un peuple de navigateurs : entre richesse et appauvrissement

Devant nous, ce mardi, un programme très dense : visite du quartier de Bélem, du monastère des Hiéronymites, de la planisphère illustrant l’ubiquité du Portugal et l’après-midi, visite du musée des Azulejos avec balade dans le quartier de l’Alfama.00032 Lisbonne

La tour de Bélem (inscrite au patrimoine de l’Unesco), haute de 5 étages, garde l’embouchure du Tage. C’est de là que partit Vasco de Gama pour la route des Indes. Bâtie en 1615 au milieu du fleuve, l’ensablement fait qu’elle se retrouve aujourd’hui sur la rive, les pieds au sec !

L’examen de la planisphère, dessinée au sol, nous révèle le riche passé colonial du Portugal via son expansion maritime et colonisatrice dès 1415 : les navigateurs ont longé toute la côte occidentale puis orientale de l’Afrique, ont passé le Cap de Bonne Espérance pour arriver à Ceylan….et ils sont les premiers (des jésuites) au Japon en 1541 !

Les richesses rapportées par les caravelles des navigateurs ont permis, entre autres, la construction par le roi Manuel 1er à la fin du XV°siècle du monastère des Hiéronymites !

Nous découvrons la splendeur de l’église, dite  “l’église du poivre” (le roi Manuel a gagné une fortune avec le commerce du poivre), de style manuélin (comme pour la tour de Bélem, abondance de motifs décoratifs marins : coquillages, coraux, poissons, animaux africains comme les éléphants sur les tombeaux royaux, motifs mêlés aux éléments gothiques et mauresques)… puis celle du cloître, octagonal, où se mêlent là aussi des palmes et coquillages, arcades, à des éléments de style renaissance. 

00085 LisbonneLe musée des Azulejos est situé dans un ancien couvent ; après avoir appris de manière très pédagogique la fabrication des carreaux de faïence et la manière de les colorer, nous visitons l’ensemble du musée particulièrement riche et admirons l’église de la Mère de Dieu. Merveille de style baroque, les murs sont couverts de panneaux d’azulejos hollandais bleus et blancs (de Delft) et de bois dorés, avec un superbe plancher en bois précieux du Brésil, sur lequel il est fortement recommandé de ne pas marcher ! 

Des quartiers aux visages contrastés

00095 LisbonneAprès avoir visité la veille le quartier de Bélem et celui du parque das Naçoës, nous découvrons l’Alfama (ou “source d’eau”), l’un des plus vieux quartiers populaires de Lisbonne, au pied du château Saint Georges.

Nous suivons Sylvia dans ces ruelles tortueuses, pavées, pentues, dans les “becos” (ou impasses), les petits escaliers, les patios fleuris, les petites placettes où l’on discute, nous nous étonnons de l’espace minuscule entre deux habitations, des maisons enchevêtrées avec leurs balcons encombrés, des azulejos posés sur les murs pour les protéger de l’humidité, devant le linge qui sèche au vent. 

Un environnement riche en histoire

Mercredi matin, nous arrivons de bonne heure à Sintra (Unesco), que la guide nous décrit comme un petit village médiéval aux ruelles étroites, situé au pied de la Sierra (529 m de haut et 40 km de long). C’était la destination préférée des nobles et des rois portugais depuis le XV° siècle. Le palais national royal était une des résidences d’été des rois : la “sala dos cisnes”, avec son plafond aux 27 cygnes peints et la “sala das pegas”, les pies noires peintes au plafond représentant les dames de la cour qui parlent…comme des pies, de la salle des Blasons avec un plafond très haut sur lequel sont représentés les 8 enfants du roi, et pour finir les grandes cuisines dont on voit les hautes cheminées blanches de forme conique à l’extérieur et les nombreux carreaux de faïence sur les murs pour conserver la fraîcheur.

Le retour sur  Lisbonne nous fait découvrir la beauté de stations balnéaires comme Cascais, Estoril et surtout le Cabo da Roca, point le plus occidental de l’Europe continentale. 00116 Lisbonne

L’après-midi du mercredi est un grand moment de liberté pour l’ensemble du groupe : certains retournent à l’hôtel pour déjeuner et se promener ensuite au gré de leurs envies, d’autres prennent le célèbre tram 28 pour aller visiter le château Saint Georges…ils y arrivent trop tard : la pluie, l’accueil chaleureux de restaurateurs portugais amateurs de fado …et de porto rouge…leur ayant fait oublier ce qu’ils voulaient visiter !!!! Mais ce fut aussi l’occasion de goûter aux célèbres tuk-tuk pour revenir à l’hôtel, sans encombre … 

Le dernier jour de notre voyage est consacré à la découverte des environs de Lisbonne : Obidos, Alcobaça, Nazaré, bourgades situées dans la région la plus visitée du Portugal, très touristique, avec ses moulins, ses forêts d’eucalyptus… 

Obidos se présente comme une petite cité piétonnière, fourmillant de monde, remarquable par son impressionnante muraille (“oppidum”) datant du 13° siècle ;  le chemin de ronde présente des points de vue splendides sur la campagne. Obidos est aussi spécialisée dans la fabrication de la liqueur de cerise, ou “ginja “qui peut se boire dans un petit godet en chocolat.

Le monastère du 12°siècle, principal centre d’intérêt d’Alcobaça, a été crée par 5 moines venus de Citeaux ; il abrite la plus grande église du Portugal et les tombeaux du roi Pedro 1er et de son amoureuse, Inès de Castro, assassinée par son beau-père, appelée “la reine morte”, par Montherlant. 

00198 LisbonneLa journée se termine à Nazaré, joli port de pêche et surtout remarquable par ses côtes découpées sur la mer, par sa très grande plage, un peu désertée en ce début d’octobre, mais dont la beauté des vagues attire certains d’entre nous, parfois aux dépens de pantalons quand le repli face aux rouleaux est mal calculé !  

Une fin de séjour arrosée : le “porto” de l’amitié pris le jeudi soir à l’hôtel permet de clore en beauté ce séjour plein de découvertes passionnantes. 

Et pour finir, un peu d’histoire et quelques chiffres

Surnommée "la reine du Tage", Lisbonne, l'Olispodes des Romains, est vraisemblablement de fondation phénicienne.
Après avoir partagé avec les autres villes de la péninsule ibérique les épreuves des invasions successives, elle devint la capitale du royaume du Portugal en 1255. Grâce aux richesses issues des grandes découvertes, elle devint, au XVIe siècle, sous le règne de Manuel Ier, la capitale d'un vaste empire et l'une des villes les plus prospères d'Europe.

Périodes de déclin et de splendeur se succèdent jusqu’au tristement célèbre séisme de 1755 (environ 10 000 morts).
Population du Portugal : 10,5 millions.
Population de Lisbonne et de ses environs : 2 300 000 habitants. 

00045 Lisbonne

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